lundi, octobre 04, 2010

International

Le "modèle danois" fera-t-il long feu ?

Alors que l’on vient de célébrer le bicentenaire d’Andersen, la situation économique du Danemark tient toujours du conte de fée. Mais le vieillissement de sa population et le manque de productivité de son économie pourraient obliger le Royaume à remettre en cause une partie de son modèle social.

Le modèle danois montré en exemple. La plus ancienne royauté du monde fait des envieux en Europe. Montrée comme un modèle à la fois d’égalitarisme et de bien-être social, elle présente par ailleurs une belle santé économique qui lui permet de se maintenir au tout premier rang mondial des donateurs sur l’aide au développement. Fort d’un taux de croissance enviable et d’un commerce extérieur dynamique – tourné à 65 % vers l’Union européenne, principalement l’Allemagne et la Suède -, le Danemark possède le taux d’emploi et le salaire médian les plus élevés d’Europe. Pourtant, le pays n’a pas ratifié le traité de Maastricht et n’est pas passé à l’euro... Un bilan impressionnant dont a su profiter le Premier ministre Fogh Rasmussen (libéral-conservateur). Grâce à son alliance au Parlement avec le Parti du peuple danois (PPD - extrême droite), il a remporté les élections législatives anticipées du 8 février 2005. Et a mis en place dans la foulée une politique d’immigration très restrictive, en écho à l’opposition d’une grande majorité de Danois à l’adhésion de la Turquie à l’UE. Aujourd’hui, le gouvernement s’attaque à la réforme du système éducatif et commence à réduire les impôts, malgré une opposition sociale-démocrate soucieuse de préserver le système de protection sociale.

La "flexsécurité" remise en question ? Le "modèle danois" ne cesse de surprendre. Dans un pays où les syndicats représentent plus de 80 % des salariés, la loi ne fixe aucune durée légale du travail et n’impose aucun modèle de contrat de travail. En revanche, jusqu’à 4 ans après son licenciement, le salarié perçoit 90 % de son salaire, et a accès à des stages en entreprise ou des formations. Un système qui favorise positivement la mobilité, mais qui a un coût : les impôts danois sont parmi les plus lourds d’Europe. Le débat est ouvert entre les experts de l’Union européenne qui louent les bienfaits de la flexsécurité, et les organisations économiques internationales telles que l’OCDE qui doutent qu’un tel modèle soit viable sur le long terme.

Certaines entreprises délocalisent déjà. En effet, le Danemark doit faire face à un mouvement inquiétant de délocalisation industrielle. L’année dernière, Danish Crown a transféré une partie de sa production en Allemagne. Plus grave, la multinationale Lego a annoncé la fermeture de son site historique de Billund et le licenciement de 2 500 personnes afin de réorganiser sa production en Chine et en République tchèque. Or c’est grâce au fort taux d’activité de la population active (plus de 80 %) que le royaume entretient l’Etat providence que toute l’Europe lui envie. Et ce alors que sa population vieillit et que les portes de l’immigration sont fermées… D’autres secteurs, comme la grande distribution et les télécommunications, sont cependant en pleine expansion. Quant au transport maritime, il est porté par la création d’un nouveau champion mondial né de la fusion entre le géant Maersk et Nedlloyd. Reste que si le gouvernement a présenté cette année encore un budget 2006 excédentaire, c’est en partie grâce à l’augmentation du prix de l’énergie : plus gros poste à l’exportation, le pétrole et le gaz offrent au pays son autosuffisance énergétique alors que, dans le même temps, 20 % de l’énergie danoise est issue de l’énergie éolienne.

Pour le site Apec.fr



L'Autriche aux portes d'une exceptionnelle zone de croissance.


La célébration du 250e anniversaire de la naissance de Mozart tombe à point nommé pour souligner la vitalité retrouvée de l'Autriche au moment où celle-ci prend la présidence de l'Union européenne.

Priorité à l'investissement productif. Avec un déficit public modéré et l'un des taux de chômage les plus bas d'Europe, le bon élève de l'Union européenne affiche une situation économique enviable. Un bilan qui donne au chancelier Wolfgang Schüssel, chef du parti chrétien conservateur (ÖVP), les moyens de poursuivre son programme de réformes sur les dépenses publiques, l'emploi, la fiscalité, l'assurance vieillesse et la formation. La priorité économique est donnée à la compétitivité des entreprises et aux investisseurs étrangers. Mais l'agenda du gouvernement est également politique. Le Parti social-démocrate (SPÖ, opposition) est, en effet, sorti revigoré des dernières élections locales et le chancelier Schüssel se doit donc de transformer la présidence de l'Union européenne en succès, alors que pointent, à l'automne 2006, les prochaines élections législatives.

Une économie de la sous-traitance. Constitué pour l'essentiel de PME, le tissu industriel autrichien s'est développé dans les secteurs de l'agroalimentaire, de la construction mécanique, de la chimie et de la construction automobile. Les entreprises se positionnent comme fournisseurs des grands groupes européens. Magna International est ainsi l'un des plus importants sous-traitants automobile au monde. Un véritable modèle économique dont bénéficie la croissance du pays tirée essentiellement par les exportations. Le secteur tertiaire assure pour sa part plus de 60 % du PIB autrichien. Le secteur du tourisme, pilier essentiel de l'économie, attirant, depuis ces dernières années, de nombreux travailleurs de l'ex-RDA.

A l'Est, rien que du nouveau. Plateforme d'échanges entre les grands espaces économique et culturel de l'Europe, l'Autriche engrange aujourd'hui les dividendes des investissements réalisés à l'est depuis quinze ans. Elle est le premier investisseur étranger en Roumanie et en Bulgarie. La banque autrichienne Raiffeisen International (RZB) est le numéro un du secteur bancaire en Ukraine. Dans le sillage des banques, les entreprises des domaines de l'énergie, du bâtiment et des services profitent de l'exceptionnel dynamisme de cette zone de croissance qui mobilise les décideurs politiques. En août 2005, à Salzbourg, la 4e rencontre des Premiers ministres d'Europe du Sud-Est a ainsi posé les jalons d'une future collaboration avec les nouveaux entrants dans l'Union européenne. Néanmoins, une majorité d'Autrichiens exprime son hostilité à tout élargissement. Si la concurrence des nouveaux pays membre est redoutée, l'afflux de main-d'oeuvre en provenance des pays limitrophes l'est plus encore. Bien que le salarié autrichien ne se sente pas menacé par le chômage, l'équilibre reste fragile. L'emploi précaire ou à temps partiel constitue, en effet, une bonne part du marché de l'emploi.

Pour le site Apec.fr