mardi, avril 15, 2008

Environnement

Le mode de vie américain en pleine négociation !

Au moment où les deux candidats à la Maison blanche entrent dans le sprint final, les Américains, face à la montée des prix du pétrole, modifient leurs comportements de consommation. Une conjoncture clairement favorable au candidat démocrate.

Paul Krugman, éditorialiste au New York Times l’affirme : « Pour les démocrates, remporter cette élection ne sera pas le plus difficile. Tout tend à les favoriser : le prix de l’essence au plus haut, une économie faiblarde, un président profondément impopulaire. » Les Etats-Unis sont-ils vraiment prêts à négocier le nécessaire virage énergétique du XXIe siècle en élisant Barack Obama ?

Rappelez-vous. Juin 2008, Général Motors, l’ex-numéro 1 mondial de l’automobile annonce sa décision de fermer quatre usines américaines dédiées au 4x4 pour lancer plus de 20 modèles hybrides d’ici 2012. La décision fait échos à un sondage d’USA Today estimant que 71 % d’Américains songent à acheter une voiture qui consomme moins. 73 % d’entre eux ont déjà réduit leur usage de l’automobile. L’été 2008 voit également le seuil des 20 millions de baril jour consommé par les USA tomber à 19,9 millions. D’autres signes ne trompent pas : les cadres américains quittent la banlieue pour revenir dans les villes, les pizzas ne sont plus livrées gratuitement !

Il semble, qu’à leur habitude, les Américains s’adaptent assez bien. Un détail qui a échappé à John McCain. Le candidat républicain a proposé de suspendre temporairement la taxe fédérale de 18 cents [11 centimes d'euros] sur l'essence. Obama a dénoncé l’initiative en appelant à faire mieux. Lors d’un discours dans une usine automobile du Wisconsin, il a prôné la mise en place d’un programme de 150 milliards de dollars pour le développement d’« emplois verts » et de nouvelles sources d’énergie. Georges Bush restera sans doute impopulaire dans les sondages, reste pour le candidat démocrate (et le reste du monde ?) que le prix du baril de pétrole n’entame pas sa décrue…


Pour Toogezer


L’atmosphère a ses raisons que la raison (souvent) ignore


La St Valentin, approche et vous allez peut-être acheter un bouquet de roses. Un peu de bonne volonté aidant, vous vous dites qu’il vaut mieux acheter des fleurs produites en France, parce-que celles cultivées loin de chez nous, c’est encore du transport, et le transport, c’est du Co2 dans l’atmosphère. Il serait dommage de faire fondre les glaciers quand vous ne voulez « que » faire fondre le cœur de votre bien aimée. Mais si les affaires de cœur sont souvent complexes, celles de l’écologie le sont tout autant. Produire des roses en France pour la St Valentin, en plein hiver, exige de faire pousser les fleurs sous serres, et donc d’utiliser des énergies fossiles et donc de rejeter du Co2 dans l’atmosphère. Une ONG néerlandaise a fait le calcul. Une fleur produite en Europe rejette 670 g de Co2 lorsque la même fleur produite au Kenya, ou il fait beau et chaud, ne rejette que… 335 g de Co2, soit le kérosène brûlé pour son transport. Qui a dit qu’en amour on ne comptait pas ?

Pour Rustica

Hissez haut !

Le 23 février dernier, le MS « Beluga Skysails » a quitté le port de Davant, dans le delta du Mississipi, aux Etats-Unis, pour rejoindre le port de Mo-I-Rana en Norvège. Le bateau retourne en Europe après avoir, expérimenté, avec succès, une traversée de l’Atlantique à la voile. Jusque-là, rien de bien original… Sauf que ce navire est un navire marchant, un cargo de 132 mètres de long et qu’il est le premier à utiliser un spinnaker déployé à 200 mètres au-dessus du pont. Une voile qui par vents de 50 km/h exerce une traction de plus de 2 tonnes et lui permet de réduire de 10 % à 35 % sa consommation de carburant. Quand on sait que 98 % des échanges mondiaux se font par mer et que le système pourrait équiper 60 % de la flotte mondiale, les perspectives d’une telle invention ont de quoi faire rêver tout haut Stephan Wrage son concepteur… et les associations environnementales. On prévoit que le fret maritime, en forte croissance, occasionnera en effet plus d’un milliard de tonne d’émission de CO2 dans cinq ans. Peut-être un peu moins grâce au fret marchand… à voile.

Pour Rustica

Combien de GES dans mes noisettes ?

Promouvoir un « usage responsable de l’argent et renforcer l’information donnée à ses clients » tels sont les objectifs de la Caisse d’Épargne à travers son programme Bénéfices Futur, dont la première réalisation est le lancement de l’étiquette développement durable des produits d’épargne.

Lancée en juin 2008, par la Caisse d’Épargne, l’étiquette développement durable des produits d’épargne est une première en France dans le secteur bancaire. Elle se présente comme un système de notation de 1 à 5 concernant livrets, fonds et assurances-vies proposés à ses clients. En collaboration avec l’Ademe, les Amis de la Terre, Testé pour vous et WWF, la Caisse d’Épargne s’est également entourée du cabinet Utopies pour codévelopper la méthodologie d’étiquetage et du consultant suisse Centre Info pour calculer les émissions de GES (gaz à effet de serre) de ses produits.
Reste que la démarche ne saurait être aboutie souligne l’association Les amis de la Terre que si les clients de la banque comme ses salariés s’approprient et utilisent à termes le système de notation. Et surtout, si la méthodologie, aujourd’hui appliquée à la banque de détail concernera, dans l’avenir, les deux autres grands métiers de la banque qui sont la finance et la gestion d’actif. Deux métiers qui génèrent les émissions de GES les plus importantes.

Pour Toogezer

Le purin : pétrole du XXIe siècle ?

Le temps n’est peut-être pas bien loin où vous pourrez vendre au plus offrant le purin et les mauvaises herbes de votre jardin. La plus grande centrale électrique à biomasse au monde vient d’être mise en service en Allemagne pour une puissance record de 20 mégawatts, soit la consommation électrique de 15 000 foyers. Comment ça marche ? Une quarantaine de « digesteurs » dans lesquels fermentent quotidiennement des centaines de tonnes de déchets de maïs de blé et de purin, produisent par processus microbiologique différents gaz, dont majoritairement du méthane, transformés ensuite en électricité et en chaleur par des moteurs de cogénération. Les résidus de fermentation sont transformés en engrais organiques revendus aux agriculteurs et l’eau récupérée pourvoit à l’intégralité des besoins de l’usine. Un système dont le bilan carbone est nul puisque le CO2 généré correspond à celui préalablement absorbé par les plantes au cours de leur croissance. Autre point positif, l’usine a créé 40 emplois directs et autant d’emplois indirects dans la région. Enfin, si une telle installation fonctionne à l’échelle d’une petite ville, rien n’empêche de l’adapter, un jour, à la taille de votre village…


La livraison en toutes saisons

Faire ses courses sur Internet en se faisant livrer passe pour être une fantaisie de bobo surbooké. Faux. Une étude concernant la France des villes et des campagnes,
faite par une entreprise suisse spécialisée dans l’étude des impacts environnementaux, a calculé que, sur une année, nous passons 24,6 heures derrière notre volant, et parcourons 1283 kilomètres pour faire nos courses. En clair, faire nos courses nous coûte chaque année 190 litres de gasoil ! Enfin, nous produisons en moyenne 14,7 kg de Co2 pour nous rendre à notre supermarché, quand un camion peut livrer plusieurs personnes d’un même quartier et éviter l’émission de 6 583 tonnes de Co2. Un constat d’autant plus pertinent lorsqu’il transporte des produits surgelés. Alors que la tarte Tatin du dimanche midi se décongèle lentement dans le coffre de la voiture, le camion réfrigéré la livre sans perte de froid et donc sans stimulation excessive du congélateur à l’arrivée. Résultat des courses, il vaut mieux se faire livrer.